histoire , et politique

histoire , et politique
]je vais commencer par les hommes politique qui ont fait l'histoire

# Posted on Saturday, 12 January 2008 at 3:54 AM

BLAISE DIAGNE

BLAISE DIAGNE
[g]Nationalité Sénégalaise

Naissance 13 octobre 1872
à Gorée Sénégal

Décès 11 mai 1934
Cambo-les-Bains France

Profession Haut fonctionnaire
Carrière Homme politique
Plus haut poste (Sénégal (colonie)) Ministre, député
Plus haut poste en Sénégal (colonie) Maire de Dakar
Blaise Diagne est le premier député africain élu à l'Assemblée nationale française. Il est également le premier ministre noir des colonies.
Né d'un père sérère, cuisinier et marin, et d'une mère manjaque originaire de Guinée-Bissau, Gaiaye M'Baye Diagne est très tôt adopté par la famille Crespin 1 qui lui donne le prénom de Blaise.
Marié en 1909 avec Marie Odette Villain, rencontrée à Madagascar, il a eu quatre enfants 2.
Formation [
Il apprend très tôt à lire, à écrire et bénéficie d'une éducation solide qui s'appuie sur d'incontestables qualités intellectuelles. Il figure ainsi au palmarès de la distribution des prix de l'école laïque de Saint-Louis en août 1884.
Boursier du gouvernement, le jeune Diagne va poursuivre ses études en France à Aix-en-Provence. Malade, il revient à Saint Louis pour suivre les cours de l'école secondaire Duval où il sera major de sa promotion en 1890.
Il entreprend avec succès le concours de fonctionnaire des douanes en 1891.
Carrière [
Parlementaire français
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Décès {{{décès}}}
Mandat Député 1914-1934

Début du mandat 1946
Fin du mandat {{{fin du mandat}}}
Circonscription Sénégal

Groupe parlementaire URRRS (1914-1919)
PRS (1919-1934)


Dans les autres colonies]
Entré dans cette administration en 1892, il est d'abord nommé au Dahomey (actuel Bénin) en 1892, puis au Congo français en 1897, à la Réunion en 1898 et enfin à Madagascar en 1902, dernier poste où ses opinions avancées déplaisent à Gallieni.
Envoyé en Guyane en 1910, ses liens avec le gouverneur sont facilités par son appartenance au Grand Orient de France.
En métropole [
Blaise Diagne est élu en 1914 député du Sénégal. Bénéficiant du statut des « quatre vieilles » communes (Rufisque, Gorée, Saint-Louis et Dakar), il est le premier Africain de l'histoire française à siéger au palais Bourbon. Membre du groupe Union républicaine radicale et radicale-socialiste animé par Maurice Viollette, franc-maçon lui aussi, il est réélu sans interruption jusqu'à sa mort, malgré des campagnes systématiquement hostiles de ses adversaires colonialistes, qui n'aiment pas voir un Noir à l'Assemblée, d'autant que celui-ci est aussi le maire de Dakar.
Blaise Diagne adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) en décembre 1917, mais aucun document n'a été retrouvé sur la date de son départ du parti, probablement peu après son arrivée.
Il rallie ensuite le Parti républicain-socialiste puis les indépendants de Georges Mandel.
En AOF [
Il devient en 1917 commissaire général aux troupes noires avec rang de sous-secrétaire d'État aux colonies. Il mène avec succès des missions en AOF pour organiser le recrutement militaire en cette période de guerre. 3 Il retrouvera d'ailleurs cette fonction de 1931 à 1932, dans le premier gouvernement de Pierre Laval.
Diagne profita des conditions spéciales du conflit pour arracher au Parlement la loi du 29 septembre 1916 qui reconnaissait définitivement la citoyenneté française aux originaires des « quatre communes » et, chose notable, sans les soumettre au Code Civil et leur faire perdre leur statut personnel.
Franc-maçonnerie [
En septembre 1899, à Saint-Denis, Diagne est devenu franc-maçon.
Il est le premier noir à siéger, dès 1922, au Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France.
Il bénéficie de ce parrainage jusqu'à sa mort en 1934, tout en étant largement soutenu par les milieux parlementaires auxquels il renvoie, par effet de miroir, l'image du parfait assimilé. En revanche, les nationalistes sénégalais (surtout les communistes de l'UIC comme Lamine Senghor) le prennent pour cible.
L'appartenance de Diagne à la franc-maçonnerie explique sans doute qu'il ait été enterré avant l'entrée du cimetière musulman de Soumbédioune à Dakar, les Musulmans ayant refusé qu'un franc-maçon puisse reposer à l'intérieur du cimetière.
Postérité [
Le souvenir du premier ministre noir de la République française reste vivace. Son nom est porté par plusieurs endroits comme l'Avenue Blaise Diagne, une des plus grandes de Dakar, le lycée Blaise Diagne de Dakar et, récemment, le Président Abdoulaye Wade a donné au nouvel aéroport international en construction à une quarantaine de kilomètres de Dakar le nom d'aéroport international Blaise Diagne.
Legs [
Alors que l'Afrique était encore majoritairement colonisée, Blaise Diagne défendait la participation des Africains à la politique du pays colonisateur 4.
Il demandait aussi un traitement équitable des minorités ethniques au sein de l'armée française.
Il a mené pendant toute sa carrière une action en faveur des colonisés d'Afrique et des Antilles pour les aider à s'insérer dans la société française.
À l'assemblée, Blaise Diagne, proteste contre le « massacre » de ses compatriotes lors de la première guerre mondiale.

# Posted on Saturday, 12 January 2008 at 3:58 AM

BOOKER T WASHINGTON

BOOKER T WASHINGTON
Booker Taliaferro Washington naquit le 5 avril 1856 à Hales Ford dans l'Etat de Virginie. Sa mère, Jane, était une esclave et son père biologique, James Burroughs, était le maître de sa mère. Washington eut deux frères et sa mère se maria plus tard à un autre esclave nommé Washington Ferguson. Il passa les premières années de sa vie dans une petite baraque, où il dormait à même le sol. Il commença à travailler très tôt. A cette période il pensait que son seul nom était Booker. Quand il s'aperçut que d'autres enfants autour de lui portaient deux noms, il adopta le nom de Washington. C'est beaucoup plus tard qu'il apprit que sa mère lui avait donné le nom de Taliaferro, à sa naissance.

Quand la guerre civile éclatât en 1861, la vie ne changea pas immédiatement pour Booker et sa famille. Son beau-père s'enfuit vers le nord où Booker et sa famille le rejoignirent dans la ville de Walden en Virginie de l'Ouest. Booker fut obligé de travailler dans les mines de sel en Virginie de l'Ouest. Il rêvait de partir à l'école mais à cette époque, cela n'était pas possible aux enfants Noirs. Il était relégué au transport de livres d'enfants Blancs et à lorgner à travers les fenêtres des salles de classes. Toutefois, sa mère obtint une copie du « Webster's spelling book » et Booker l'étudia avidement. Après d'âpres négociations, son beau-père lui permit de partir à l'école réservée aux Africains-Américains. Il devait toutefois continuer de travailler dans les mines sel avant de partir à l'école, afin de subvenir aux besoins de sa famille.




Booker T. Washington




Alors qu'il travaillait dans les mines de sel, Booker entendit parler d'une école pour anciens esclaves, nommée Hampton Institute. En 1872, après avoir économisé suffisamment d'argent, Booker partit pour Hampton. On raconte qu'il marcha près de 400 miles (environ 643 Km). L'admission à Hampton lui fut initialement refusée mais Booker impressionna la direction de Hampton par ses qualités de concierge. Il continua d'ailleurs à occuper cette fonction pour payer ses études. C'est à Hampton Institute que Booker établit ses théories au sujet des formations professionnelles. Dès l'obtention de son diplôme, Booker retourna un court moment à Walden pour y enseigner mais finit par repartir à Hampton où il fut embauché comme membre de la faculté. En 1881, sur recommandation du fondateur de Hampton, Booker fut envoyé en Alabama pour y établir un autre établissement professionnel.

Lorsque Booker T. Washington arriva à Tuskegee dans l'Etat de l'Alabama, il fut surpris de constater qu'aucune disposition n'avait été prise pour l'acquisition du terrain et des bâtiments. Seuls 2.500 dollars pour la paye des enseignants étaient disponibles à travers des fonds destinés aux Noirs qui soutenaient des politiciens locaux. Booker avait donc pour challenge de trouver un emplacement adéquat pour l'établissement et ensuite construire le campus. Au cours de ses premières années, Tuskegee Institute opéra grâce aux dons sous forme d'argent et de nourriture provenant de sympathisants.




Booker T. Washington




C'est après son déménagement pour Tuskegee que Booker T. se maria pour la première fois. En 1882, il épousa Fannie Smith. De cette union naquit Portia, une fille qui mourut inexplicablement une année plus tard. En 1885 il se maria pour la seconde fois à Olivia Davidson qui travaillait également pour Tuskegee Institute. Olivia et Booker eurent deux garçons Booker Jr. et Earnest. Olivia mourut en 1889 et Booker T. se maria pour la troisième fois à Margaret Murray, en 1893.

Avant 1891, Tuskegee Institute s'était déjà transformé en un campus d'environ 2 kilomètres carré pour 400 étudiants. Ce qui représentait une progression extraordinaire par rapport à la trentaine d'étudiants qui, dix ans plus tôt, recevait ses cours dans une église convertie en salle de classe. En 1896, grâce au « Slater Fund for Negro Education », Booker T. mobilisa les fonds qui allaient servir à l'ouverture d'une école indépendante d'agriculture à Tuskegee. Il recruta George Washington Carver (dont les découvertes en matières d'agriculture avaient révolutionné la vie des fermiers du sud), pour diriger l'école.

L'année qui précéda l'ouverture de l'école d'agriculture de Tuskegee, Booker connu un des moments les plus importants de sa carrière lorsqu'il prononça un discours à l'Exposition Internationale de Coton pour les Etats du Sud (Southern States International cotton Exhibition), qui se déroula à Atlanta dans l'Etat de Georgie. Ce discours, baptisé plus tard « le compromis d'Atlanta » mit un accent particulier sur ses convictions, notamment sur ce qui constituait pour lui la meilleure façon pour les Africains-Américains de s'intégrer dans la société américaine d'alors. Booker T. pensait qu'il était inutile, à cette époque, pour les Noirs de s'inquiéter pour leur place dans la société. Il pensait qu'il était plus important d'acquérir une indépendance économique. Malheureusement pour lui, les Africains-Américains n'épousèrent pas ses idées et il fut accusé d' « accomodationalisme » (prônant le statut quo) et certains au sein de la communauté blanche ne comprirent pas ses intentions non plus et pensèrent que son souhait était de faire des Noirs d'éternels serviteurs.




L'autobiographie de Booker T. Washington « Up from slavery »




Parmi les leaders Africains-Americains contemporains de Booker T., qui combattaient également pour l'égalité des droits mais ne partageaient pas sa stratégie pour y parvenir, figuraient Frederick Douglass et W.E.B. Du Bois. Au contraire de Booker T., Douglass croyait à un activisme virulent, tandis que Du Bois, le premier Africain-Américain à recevoir un doctorat de la prestigieuse université d'Harvard, pensait que l'éducation allait bien au delà des formations professionnelles. W.E.B. Du Bois et Booker T. s'opposèrent sur la nature de l'éducation nécessaire au peuple Africain-Américain d'alors. Le premier prônant une éducation libérale et le second une éducation spécialisée. De nos jours, l'université de l'Etat de l'Ohio offre un cours intitulé « Le débat W.E.B. Du Bois et Booker T. : deux leaders, deux visions pour la promotion des Africains-Americains par l'éducation ».

Les dernières années apportèrent à Washington, accomplissements et reconnaissance. En 1901, il publia son autobiographie intitulée « Up from the Slavery ». Les revenus générés servirent à garantir la sécurité économique de Tuskegee Institute. La même année, Booker T. devint le premier Africain-Américain à être invité à la Maison Blanche par le Président Théodore Roosevelt. Au cours d'un voyage en Europe, il fut également invité par la Reine Victoria. Son éloquence, son intelligence et sa vision commandèrent le respect de nombreux politiciens et hommes d'affaires.

Vers 1904, Washington avait déjà réussi avec succès à s'entourer de ce qu'on appela la « Machine Tuskegee ». Cela lui permit d'influencer de nombreuses décisions politiques et d'être perçu comme le Conseiller National Principal pour la Communauté Afro-Américaine.

Au début du vingtième siècle, Booker T. Washington refusa de s'impliquer dans les conférences qui donnèrent naissance à la « National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) ». Il était suspicieux des motivations du groupe et ne voulait pas être mêlé à ses politiques militantistes.




Booker T. Washington, ses fils Earnest Davidson Washington (debout à gauche), Booker T. Washington, Jr., et sa nièce Laura Murray Washington




L'élection de Woodrow Wilson à la maison blanche en 1912 constitua un tournant important dans le discours de Booker. Au cours de sa campagne Wilson promit de conduire une politique en faveur des droits des Africains-Américains, mais ne respecta pas sa promesse une fois élu. Touché par cette trahison, Washington surprit certains en publiant un article plutôt en ligne avec les leaders militants Noirs de l'époque. En dépit de ce changement de discours, nombreux pensèrent que Washington avait toujours fait beaucoup plus derrière la scène qu'il n'en était apparent ou qu'on lui en donnait le crédit.

Booker T. mourut en Novembre 1915. Que la cause de sa mort ait été liée à une fatigue extrême ou à une rupture du système nerveux, il était évident que Booker T. Washington venait d'avoir un impact considérable sur le monde. Les opinions controversées sur Booker T. ont finalement été le propre de tous les grands leaders Africains-Américains. Malcom X fut trop radical pour certains tandis que Martin Luther King fut accusé de faire du « Show-business liberation ».

On retiendra que Booker T. fut un des leaders Noirs les plus influents de son temps.
Une époque qui fut pourtant marqué par le refus du droit de vote aux Noirs, le faible accès à l'éducation et la pauvreté pour la quasi-totalité d'entre eux. Pour Booker T. l'indépendance économique des Africains-Américains était la clé du salut. Il voulait utiliser l'éducation pour promouvoir le développement économique des Noirs et ainsi parvenir à l'égalité tant recherchée. Son conseil aux jeunes Noirs était « Travail ! Travail ! Travail ! Et non Agitation ! Agitation ! Agitation ! ».

Au moment où les Africains-Américains continuent de se chercher, la vision de Booker T. Washington continue d'alimenter les débats sur l'intégration, le développement et la place de la communauté Afro-américaine aux Etats-Unis.

# Posted on Saturday, 12 January 2008 at 4:01 AM

THOMAS SANKARA

THOMAS SANKARA
Mandat
4 août 1983 – 15 octobre 1987

Précédé par Jean-Baptiste Ouédraogo

Suivi par Blaise Compaoré

Naissance 21 décembre 1949
Yako, Burkina Faso

Décès 15 octobre 1987
Ouagadougou, Burkina Faso

Thomas Isidore Noël Sankara (21 décembre 1949 à Yako, Haute Volta - 15 octobre 1987 à Ouagadougou, Burkina Faso), militaire et homme politique panafricaniste et tiers-mondiste burkinabè, il incarna et dirigea la révolution burkinabè du 4 août 1983 jusqu'à son assassinat lors du coup d'État de son successeur Blaise Compaoré. Il est considéré comme le Che Guevara africain1. Il a notamment fait changer le nom issu de l'impérialisme de la Haute-Volta en un nom issu de la tradition africaine le Burkina Faso, le pays des hommes intègres et a conduit une politique d'affranchissement du peuple burkinabé jusqu'à son assassinat.
]
L'héritage politique et « identitaire » de Thomas Sankara — tout comme ceux de Patrice Lumumba, Amílcar Cabral ou Kwame Nkrumah — est considérable en Afrique et en particulier dans la jeunesse africaine.
Son gouvernement entreprit des réformes majeures pour combattre la corruption et améliorer l'éducation, l'agriculture et le statut des femmes. Son programme révolutionnaire se heurta à une forte opposition du pouvoir traditionnel qu'il marginalisait ainsi que d'une classe moyenne peu nombreuse mais relativement puissante. Ajoutés aux tensions entre radicaux et modérés, ces facteurs provoquèrent son assassinat lors du coup d'État sanglant du 15 octobre 1987.
Issu d'une famille catholique, Thomas Sankara était un « Peul-Mossi ». Son père était un ancien combattant et prisonnier de guerre de la Seconde Guerre mondiale. Il a fait ses études secondaires au Lycée Ouézin Coulibaly de Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays. Il a suivi une formation d'officier à Madagascar et devint en 1976 commandant du centre de commando de Pô. La même année, il fait la connaissance de Blaise Compaoré avec lequel il formera le Regroupement des officiers communistes (ROC) dont les autres membres les plus connus sont Henri Zongo et Jean-Baptiste Boukary Lingani.
En septembre 1981, il devient secrétaire d'État à l'information dans le gouvernement du colonel Saye Zerbo. Il démissionnera le 21 avril 1982, déclarant « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! »
Le 7 novembre 1982, un nouveau coup d'État portait au pouvoir le médecin militaire Jean-Baptiste Ouédraogo. Sankara devint premier ministre en janvier 1983, mais fut limogé et mis aux arrêts le 17 mai, après une visite de Guy Penne, conseiller de François Mitterrand.2,3,4
Un nouveau coup d'État, le 4 août 1983 place Thomas Sankara à la présidence. Il définit son programme comme anti-impérialiste, en particulier dans son « Discours d'orientation politique », écrit par Valère Somé. Son gouvernement retira aux chefs traditionnels les pouvoirs féodaux qu'ils continuaient d'exercer. Il créa les CDR (Comités de défense de la révolution), qui eurent toutefois tendance à se comporter en milice révolutionnaire faisant parfois régner une terreur peu conforme aux objectifs de lutte contre la corruption.
Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara fut assassiné lors d'un coup d'État organisé par celui qui était considéré comme son frère, Blaise Compaoré. Plusieurs jours plus tard, il fut déclaré « décédé de mort naturelle » par un médecin militaire. L'absence de tout procès ou de toute enquête de la part du gouvernement burkinabè a été condamnée en 2006 par le Comité des droits de l'homme des Nations unies5. Cette décision constitue une première mondiale dans la lutte contre l'impunité. Thomas Sankara a été d'ailleurs proclamé modèle par la jeunesse africaine au forum social africain de Bamako 2006 et au forum social mondial de Nairobi en 2007.[réf. nécessaire]
Depuis le 28 décembre 2005, une avenue de Ouagadougou porte son nom, dans le cadre plus général d'un processus de réhabilitation décrété en 2000 mais bloqué depuis lors6. Diverses initiatives visent à rassembler les sankaristes et leurs sympathisants, notamment par le biais d'un comité national d'organisation du vingtième anniversaire de son décès, de célébrer sa mémoire, notamment par des manifestations culturelles, tant au Burkina Faso qu'en divers pays d'implantation de l'immigration burkinabée. En 2007, pour la première fois depuis 19 ans, la veuve de Thomas Sankara, Mariam Serme Sankara a pu aller se recueillir sur sa tombe présumée lors des 20es commémorations à Ouagadougou.[

# Posted on Saturday, 12 January 2008 at 4:05 AM

SON DISCOUR LE PLUE CELEBRE

SON DISCOUR LE PLUE CELEBRE
Discours de Thomas Sankara
à l'ONU le 4 octobre 1984


« Permettez, vous qui m'écoutez, que je le dise : je ne parle pas seulement au nom de mon Burkina Faso tant aimé mais également au nom de tous ceux qui ont mal quelque part.
Je parle au nom de ces millions d'êtres qui sont dans les ghettos parce qu'ils ont la peau noire, ou qu'ils sont de cultures différentes et qui bénéficient d'un statut à peine supérieur à celui d'un animal.
Je souffre au nom des Indiens massacrés, écrasés, humiliés et confinés depuis des siècles dans des réserves, afin qu'ils n'aspirent à aucun droit et que leur culture ne puisse s'enrichir en convolant en noces heureuses au contact d'autres cultures, y compris celle de l'envahisseur.
Je m'exclame au nom des chômeurs d'un système structurellement injuste et conjoncturellement désaxé, réduits à ne percevoir de la vie que le reflet de celle des plus nantis.
Je parle au nom des femmes du monde entier, qui souffrent d'un système d'exploitation imposé par les mâles. En ce qui nous concerne, nous sommes prêts à accueillir toutes suggestions du monde entier, nous permettant de parvenir à l'épanouissement total de la femme burkinabè. En retour, nous donnons en partage, à tous les pays, l'expérience positive que nous entreprenons avec des femmes désormais présentes à tous les échelons de l'appareil d'Etat et de la vie sociale au Burkina Faso. Des femmes qui luttent et proclament avec nous, que l'esclave qui n'est pas capable d'assumer sa révolte ne mérite pas que l'on s'apitoie sur son sort.
Cet esclave répondra seul de son malheur s'il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d'un maître qui prétend l'affranchir. Seule la lutte libère et nous en appelons à toutes nos s½urs de toutes les races pour qu'elles montent à l'assaut pour la conquête de leurs droits.
Je parle au nom des mères de nos pays démunis qui voient mourir leurs enfants de paludisme ou de diarrhée, ignorant qu'il existe, pour les sauver, des moyens simples que la science des multinationales ne leur offre pas, préférant investir dans les laboratoires de cosmétiques et dans la chirurgie esthétique pour les caprices de quelques femmes ou d'hommes dont la coquetterie est menacée par les excès de calories de leurs repas trop riches et d'une régularité à vous donner, non, plutôt à nous donner, à nous autres du Sahel, le vertige. Ces moyens simples recommandés par l'OMS et l'UNICEF, nous avons décidé de les adopter et de les populariser.
Je parle aussi au nom de l'enfant. L'enfant du pauvre qui a faim et louche furtivement vers l'abondance amoncelée dans une boutique pour riches. La boutique protégée par une épaisse vitre. La vitre défendue par une grille infranchissable. Et la grille gardée par un policier casqué, ganté et armé de matraque. Ce policier placé là par le père d'un autre enfant qui viendra se servir ou plutôt se faire servir parce que présentant toutes les garanties de représentativité et de normes capitalistiques du système.
Je parle au nom des artistes - poètes, peintres, sculpteurs, musiciens, acteurs - hommes de bien qui voient leur art se prostituer pour l'alchimie des prestidigitations du show-business.
Je crie au nom des journalistes qui sont réduits soit au silence, soit au mensonge, pour ne pas subir les dures lois du chômage.
Je proteste au nom des sportifs du monde entier dont les muscles sont exploités par les systèmes politiques ou les négociants de l'esclavage moderne.
Mon pays est un concentré de tous les malheurs des peuples, une synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l'humanité, mais aussi et surtout des espérances de nos luttes.
C'est pourquoi je vibre naturellement au nom des malades qui scrutent avec anxiété les horizons d'une science accaparée par les marchands de canons. Mes pensées vont à tous ceux qui sont touchés par la destruction de la nature et à ces trente millions d'hommes qui vont mourir comme chaque année, abattus par la redoutable arme de la faim...
Je m'élève ici au nom de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils pourront faire entendre leur voix et la faire prendre en considération, réellement. Sur cette tribune beaucoup m'ont précédé, d'autres viendront après moi. Mais seuls quelques-uns feront la décision. Pourtant nous sommes officiellement présentés comme égaux. Eh bien, je me fais le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils peuvent se faire entendre. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m'est étranger ».

# Posted on Saturday, 12 January 2008 at 4:09 AM